Mots de maman, Mum to Be - Grossesse

La fin de notre allaitement long… + VIDEO + PODCAST

27 mars 2018

Il y a quelques temps j’évoquais la fin de l’allaitement de Leyna-Rose, après 21 mois d’un lien lacté très fort.

Au début je ne pensais pas en parler autrement que via un petit post Instagram et puis ça m’a travaillé, beaucoup travaillé… Un peu retournée… et puis j’ai eu envie d’en parler et vous aussi vous m’avez posé beaucoup de questions.

L’allaitement est un sujet qui peut faire débat, il passionne, il divise mais il rapproche aussi.

J’ai allaité mes 3 enfants et pour moi cela a toujours été une évidence et cela m’a toujours tenu très à coeur. Comme je le disais, pour mon premier allaitement j’ai « bu » des lignes et des lignes sur le sujet pour me préparer au mieux. Je voulais être prête et mettre toutes les chances de mon côté.

J’ai allaité mes fils durant 6/7 mois jusqu’à la diversification où j’ai introduit non sans peine des biberons. A cette époque, j’étais très fière de les avoir allaité aussi longtemps car pour Loris je reprenais le travail en même temps. Et puis, comme les recommandations se situent vers 6 mois d’allaitement maternel, arrivé à ce stade, c’est comme si tu arrives sur la ligne d’arrivée et qu’il faut passer à autre chose aux yeux de la société.

L’allaitement long je le connaissais car j’avais des copines sur des forums, des copines dans mon entourage qui sont allées bien plus loin. Et je reconnais qu’avant d’avoir des enfants, allaiter un enfant qui marche me paraissait un peu bobo (j’avoue tout ! lol).

Et puis, on devient maman et tellement de choses changent.

Je gardais un assez mauvais souvenir du sevrage des garçons mais surtout de celui de Loris où j’avais essayé des milliers de biberons, de tétines, de techniques, de pratiques (pipettes, tasse à bec, prière, incantations,…)… Je tirais mon lait pour ne pas trop le perturber mais rien n’y faisait les biberons c’était pas son truc. Je ne voyais pas la fin.

Alors quand je suis tombée enceinte de Leyna-Rose, je me suis dit que je prendrais un congé parental au moins jusqu’à son premier anniversaire et que la fin de l’allaitement se fera naturellement.

Ma fille c’était un accro du sein, « tété » a été un de ses premiers mots, comme les garçons je l’ai allaitée à la demande. Jusqu’à il y a encore peu de temps elle tétait encore plusieurs fois dans la nuit… J’ai toujours fait en fonction d’elle, je l’ai suivi pour répondre à ses besoins.

Le sein c’était son moment à elle, notre moment à nous, ça la calmait quand elle faisait ses dents, ça l’endormait le soir pour dormir, la rendormait la nuit, la rassurait, la détendait… comme lui retirer ça sans culpabiliser ? je n’y pas vraiment songé.

Jusqu’à ce que ces moments se transforment peu à peu.

Elle a commencé à ne plus vraiment téter mais plus à tétouiller, vraiment comme une tétine, elle ne faisait plus vraiment venir le lait… elle gigotait partout, le soir pour l’endormir elle le délaissait et se couchait à coté de moi ou sur mes genoux…

J’ai commencé à supprimer les tétées la nuit et elle a commencé à beaucoup mieux dormir, un « réveil » contre « je ne sais plus combien ».

Puis ça a recommencé, les nuits ont été chaotiques, elle voulait souvent y venir mais ça ne l’apaisait plus autant, au contraire…

Je lui répétait que la nuit c’était fini mais elle ne saisissait pas trop.

Après 2 nuits d’anarchie, je lui ai proposé d’arrêter et de faire différemment.

Elle s’est endormie seule, sans sein, sans être bercée, le lendemain matin, un petit déjeuner, pas le sein puis le soir suivant pareil des câlins… et elle a dormi toute la nuit apaisée dans son lit.

Moi mon sein (oui je n’allaitais plus que d’un seul) était plein, tendu et douloureux. J’étais un peu bloquée, elle ne pouvait pas me soulager car elle n’aurait pas compris et je ne voulait pas tirer pour ne pas le stimuler.

Mais un matin, j’ai tiré un peu de mon lait pour me soulager, elle a regardé et a fait sa vie.

Petit pincement pour moi, car elle l’a regardé comme une partie de mon corps à part entière et non plus comme « SON tété ».

Le soir avant de dormir, elle m’a dit « tété ? » je lui ai dit « c’est fini ? » elle a fait une moue puis s’est couchée sur mes genoux et s’est endormie.

C’était fini.

Elle était d’accord, l’avait accepté, mon lait commençait à se tarir et car moi aussi je l’ai accepté. Enfin c’est ce que je pensais.

Le lendemain dans un chagrin elle a pleuré en disant « tété »… panique pour moi, j’étais perdue et forcément dans la journée une montée de lait, vive le psychisme !

Puis dans une énième tentative de tirage de lait, je lui ai demandé si elle voulait téter, tant pis on recommencerait plus tard, mais elle m’a dit « non » et elle a rigolé.

Là c’était vraiment fini.

Mais cette fois j’étais soulagée car j’étais vraiment sûre qu’elle l’avait accepté.

La fin c’est aussi un début vous savez, et pour nous ce fut le début de ses nuits, après 21 mois de nuits « hachées », 21 mois de lien lacté, 21 mois où il n’y avait que maman qui pouvait coucher cette petite fille, elle a dormi comme une pro et nous aussi et c’est un beau lot de consolation.

C’est aussi le début d’un lien un peu plus fort avec son papa, et ça aussi ce n’est que du bonheur.

L’allaitement ne me manque pas car les dernières fois étaient un peu chaotiques et que la fin était finalement nécessaire mais j’en suis nostalgique.

Au début, j’ai eu un peu d’en parler car j’ai guidé ma fille vers ce chemin, lisant/suivant beaucoup de mamans ayant un allaitement long je culpabilisais car qui dit allaitement long dit sevrage naturel. J’avais l’impression de priver ma fille, de ne pas être dans les cases de l’allaitement long, j’ai eu peur de mal faire, mais surtout de faire mal.

Mais je me suis souvenue que chaque allaitement est individuel et propre à chacun et qu’à travers ses nuits paisibles ma fille me rassure et me prouve que cette aventure lui a peut-être apporté la sérénité qu’il lui fallait pour vivre parfaitement cette fin.

Merci ma chérie pour cette merveilleuse aventure dont je suis fière, on continue main dans la main d’une autre façon mais toujours avec autant d’amour.

Je t’aime.

 

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